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En écoutant “Wake Up Everybody” de Harold Melvin & The Blue Notes, j’ai un flash soudain et saisissant de Michel Henritzi au travail. Pour moi, Michel est avant tout un travailleur, que ce soit au sein de Dustbreeders, le groupe “noise” originaire de Metz, ou dans ses collaborations avec des camarades japonais divers et variés tels que Tetuzi Akiyama, Fukuoka Rinji et bien sûr Junko, conservant toujours son nom comme point d’ancrage d’un homme libre. Libéré du joug du salariat, le travailleur peut revendiquer son propre nom, Michel Henritzi, et peindre le monde et son affreuse séparation oppressive se transformant en l’avenir d’une libération indescriptible. Il faut du temps pour y parvenir et l’œuvre se déploie ici sur deux faces complètes enregistrées en direct. Contre l'”abat faim” (Guy Debord dans “l’Encyclopédie des Nuisances”) de la musique en boîte, le travail de Michel Henritzi crée une situation vécue qui, dans la pratique, incarne la destruction broyante de l’exploitation et la lutte contre elle. Michel Henritzi travaille comme Pénélope, courbé sur son outil, un lapsteel, protégé par sa casquette d’ouvrier qui est aussi un attribut militaire. Lorsque le travail est terminé, est-il possible de le refaire, toujours différemment, contrairement aux produits de masse, c’est le travail d’un homme seul qui travaille dans le cadre d’une société désarticulée, en essayant de la retisser.