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Repressage 2022.

“La Légende d’Eer” (1977), musique pour le Diatope, œuvre électronique. Commande du Centre Georges Pompidou pour son inauguration en 1978.
“La différence entre les œuvres « pures » de Xenakis et La légende d’Eer, composée en vue d’un spectacle, tient à son relatif minimalisme et à sa durée. En effet, comparativement à sa durée très longue (presque 46 minutes), exceptionnelle chez Xenakis (qui se limite en général entre 10 et 20 minutes de musique), la pièce comporte peu de sons. Le compositeur nous invite à un changement d’échelle temporelle : dès les premiers instants de La légende d’Eer, avec ses sons suraigus et qui s’étalent dans leur durée, on comprend que l’œuvre met en jeu un temps dilaté. A la différence d’autres musiques pour les polytopes, la pièce travaille une forme dramatique, de type arche : très lente apparition de la musique, puis plusieurs vagues culminant en une sorte de déluge, enfin disparition progressive. On peut aussi adopter l’image de la cosmogonie, qui servira de fil conducteur à l’analyse. Il est important de souligner que tout se déroule d’une manière extrêmement continue. A la différence d’autres pièces, il n’y a pas de contrastes, chaque partie s’enchaîne à une autre d’une manière totalement fluide, les sous-parties faisant de même.
Les sons qui composent La légende d’Eer ont une origine triple.
Ecoutons Xenakis :
« La musique de La légende d’Eer est faite des familles suivantes de sons :
a) instrumentaux, par exemple, les étoiles filantes sonores du début et de la fin, ou les sons des guimbardes africaines, les tsouzoumis japonais…
b) bruits, par exemple, chocs de briques spéciales, frottements sur carton…
c) réalisées par des fonctions mathématiques à l’ordinateur et converties de digital à analogique au Centre d’Etudes de Mathématiques et Automatiques Musicale (CEMAMu).” Makis Solomos