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“Simmetrie di ritorno” (2000) pour flûte, cor, trompette, trombone, percussions, accordéon, violon, alto, violoncelle, contrebasse. “Ita vita zita rita” (1997) pour piano amplifié. “Orizzonte fisso, bordoni mobili” (2007) pour flûte, trompette, trombone, saxophone, accordéon, trio à cordes. “Und’ ho d’andà” (1995) pour deux cors, cornet, trois trompettes en sib, deux trombones, trombone basse. “Ho visto un incidente” (six mélodies sur des poésies de Sandro Penna) (1991-92) pour voix seule. “Notturno in progressione” (2004) pour quatuor à cordes.
Giuliano d’Angiolini est né à Rome en 1960, depuis 1987 il vit à Paris. Il a étudié la composition au Conservatoire de Santa Cecilia à Rome, sous la direction de Boris Porena. Il a publié des nombreux écrits concernant aussi bien la musique savante, du Moyen-Âge à nos jours, que celle de tradition orale et en particulier, il est l’auteur d’un livre sur la musique de l’île de Karpathos.
“Giuliano d’Angiolini est absolument singulier dans le paysage musical. Sa démarche profonde, réfléchie, obstinée, l’a conduit à élaborer une musique qu’il appelle impersonnelle, musique dont toute idée de développement ou de forme est bannie. Par des états successifs d’évidences, qui ont à voir avec l’élucidation, d’Angiolini dit avoir voulu “laisser sa place au son pour que la musique devienne moins volontaire”, approche qui l’a conduit à privilégier la surface – démarche rien moins que superficielle -, la part immédiate de toute proposition sonore, et le présent, qui est la surface même du critère temporel. Dans ses œuvres, le processus et la matière musicale ne font qu’un et sont livrés à nu. Ce qui est donné à entendre est non discursif, délibérément sans articulation formelle. Il est même loisible de s’en détacher puis d’y revenir librement, comme si le compositeur voulait utiliser positivement les mutations négatives de l’auditeur citadin d’aujourd’hui, bombardé de stimuli. D’où l’idée cagienne d’une musique qu’on peut écouter avec concentration ou dans une “bienheureuse indifférence”. Ces recommandations du compositeur découlent d’un sentiment de libération ressenti vis à vis des contraintes morales de l’écoute, des devoirs que le mélomane doit rendre à la forme et au processus, mais il en va de cet absentement subtil comme des lignes de rondins traversant une forêt de Robert Smithson : il s’agit moins pour les goûter de retrouver une prétendue innocence adamique de la perception, que d’avoir traversé et subi lucidement des états de saturation, d’étouffement du medium artistique.” Gérard Pesson