“Précédemment chez Orion Music Workshop : la seconde aventure de notre héros stellaire, joliment nommée Mâlemort, prenait son envol et cimentait un cycle en trois actes. Cette seconde brique fut un tour de force, les compositions gagnaient en épaisseur, le propos s’affinait tout en gardant son ADN industriel et bucolique. Aujourd’hui, confirmation, rebelote. Le sieur Orion touche réellement les étoiles à mesure que les disques sortent, en toute indépendance d’une industrie qui ne saurait pas où ranger notre protagoniste, encore une fois. Au départ, une formule simple, ce concept arte-povera qui voyait un joueur de flûte ancestral enfermé la nuit dans les studios de l’IRCAM pour pirater le système, intervertir les touches, ne sachant où aller si ce n’est vers une musique électronique paranormale, primitive de base mais qui monte comme des champignons hallucinogènes, transcende l’auditeur, chatouillant les sens et la transe. Aujourd’hui ce troisième acte se veut définitif, comme un condensé du meilleur de lui-même. Territoires Fluences, où les tentatives précédentes se professionnalisent dans vos oreilles, tout s’imbrique par enchantement, tout parait évident. Le facteur-cheval s’est mué en directeur de la grotte magique, les éléments typiques de Tom Val sont présents mais en plus beaux, plus incarnés. Si vous avez aimé les ambiances de ce faiseur de climats avec trois bouts de ficelles, vous succomberez à cette dernière mue. Ça gazouille, ça gratte, ça sonne juste. Un album émouvant surtout, derrière les gribouillis sonores se cache un sacré truc qui réchauffe l’âme. Il est bon de voir grandir le farfadet, quitter les jupes du lo-fi pour se loger dans la cour des grands…esprits qui se rencontrent à Brocéliande la nuit pour danser comme Saint Guy. Mention spéciale à La Théorie des événements, où l’art des collaborations se fait sentir, la contrebasse de Jeanne Gorisse copule joyeusement avec le maelstrom brut de ce Workshop unique. Cette musique ouverte à l’Autre, aux musiciens, aux poètes les plus fous ou radicaux, promet d’être passionnante pour longtemps. La spirale sans fin?!”