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Mail-order and distribution formerly known as Metamkine.

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“Après un premier disque édité en 1971 par Futura Records, Perception souhaite enchainer rapidement sur un deuxième, que Gérard Terronès ne veut pas à nouveau produire, surtout dans la foulée du précédent. Du coup, l’autoproduction est la seule solution. Et c’est fort logiquement que celle-ci trouve refuge sur le label de l’Association pour le Développement de la Musique Improvisée (A.D.M.I.) créée par Didier Levallet dans le but de défendre la musique vivante créative (label, qui soit dit en passant, sortira aussi le génial Inter Fréquences du Free Jazz Workshop).
Bien qu’entièrement réalisé de A à Z par Perception, le nouveau projet se veut cette fois plus ambitieux, et bien décidé à explorer des couleurs inédites par adjonction d’instruments supplémentaires excédant le quartette de base. C’est donc fort de nombreux invités, dont Teddy Lasry, Jean-Charles Capon, Kent Carter et Jean-François Jenny-Clark, que Perception creuse encore plus avant les lignes de force contradictoires ayant fait sa spécificité. D’autant que Siegfried Kessler, majoritairement absent de cet opus, est temporairement remplacé par Manuel Villaroel, pianiste d’origine chilienne au tempérament différent (et entre parenthèses déjà auteur du superbe Terremoto en compagnie de Septet Matchi-oul). Contrairement au premier album, qui en comparaison semble bien plus compact et soudé, ce deuxième et avant-dernier (exception faite des archives captées en public), par ses ouvertures à tiroirs, annonce les directions qu’emprunteront certains des musiciens de Perception par la suite : un morceau de Yochk’O Seffer, d’ailleurs passé par Magma deux ans auparavant, annonce ainsi Neffesh Music et son côté savant ; tandis qu’à l’opposé, un autre, signé Didier Levallet, évoquerait plutôt les arrangements du futur Swing Strings System. Joli paradoxe finalement, que celui où toutes ces choses, de l’écriture serrée à l’improvisation débridée, font bon ménage et offrent ses plus beaux atours à un ensemble libre à peu d’autres pareil.”