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Trois pièces : “Estuaire” (2005), “Non-organic bias” (2003), “Espace bas” (1995).
“Estuaire (2005) : Tout d’abord les matériaux sources : un vaste ensemble de prises de son d’orgue réalisées entre 2001 et 2004 sur l’orgue Cavaillé-Coll de Notre-Dame-des-Champs mais aussi sur l’orgue de Notre-Dame de Parthenay. À force d’écouter et de réécouter ces prises, une évidence s’est imposée : il y a, dans cet ensemble une logique spatiale au moins autant que musicale, plus exactement, ces prises contiennent une musique spatiale à construire… Musique qui, assez vite, s’est appelé “ estuaire ” car il me semblait que cet espace se structurait à la façon d’une vaste embouchure, lieu de passage entre l’espace orientée du fleuve et l’horizon ouvert de l’océan. “Non-organic bias” (2003) : Deux décisions ont déterminé la composition de “Non-organic bias” : 1. Le titre lui-même. 2. Travailler uniquement à partir de prises de son d’orgue (je suis organiste). Le titre, outre le jeu de mots stimulant beaucoup de ce qui sous-tend mon intérêt pour l’orgue : orgue – organe – organum – organe – organisme – organique etc. (remarquable pour ce qui reste LA machine musicale historique)… outre ce jeu de mots, donc, BIAS signifie en français : pente – penchant – désir – travers… BIAIS… toutes notions qui définissent quelque chose comme le fond de ce qu’est un organisme vivant. Composer avec les penchants du non-organique et avec le penchant au non-organique, deux significations possible de “Non-organic bias”. “Espace bas” : Documentaire de rien, musique détachée des poétiques de la source, soit des nostalgies tout à la fois de la cause et des espaces que l’on dit réels pour les besoins de la cause : avec “espace bas”, j’ai joué à construire, librement et presque mentalement, le sonore qui nous échappe par le bas. Comme pour chercher les fondamentales multiples du bruit de fond et au final arriver à faire avec le bruit sans faire de bruit – sous le prétexte de la musique : on dirait que le temps contourne les sons comme l’eau contourne la forme des pierres et de tout ce qui peut se trouver sur son chemin ; mais on dirait aussi qu’en contournant ces formes, le temps frotte, fait du bruit en frottant, et implique encore d’autres formes, alors formes de temps. “Espace bas” est un faux bruit et une fausse musique qui tire par bouffées le continuum grave du son qui passe jusqu’au bord de formes de temps – comme si être bas revenait à être à venir.”